Thierry Granier, de Limayrac à Kuala Lumpur
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Responsable des exportations du groupe Edma, fabricant d’outils pour le bâtiment, sur la zone Asie Pacifique depuis près de dix ans, il coule des jours heureux en Malaisie avec son épouse Cynthia et leur petit garçon prénommé Louis-Gabriel.
Collège à Baraqueville, baccalauréat série B (économie) au lycée Monteil à Rodez, une année de droit à Toulouse (« Une seule car les premières années, nous faisions beaucoup de droit civil et moi/ ce qui me plaisait/ c’était le droit constitutionnel puis un BTS action commerciale au sein de l’école entreprise (ancêtre de l’EGC qui était située sous le palais de justice à Rodez) / le parcours de formation de Thierry Granier était relativement classique. Jusqu’à cette année d’étude en commerce international dans une université new-yorkaise pour parfaire son anglais. « J’avais toujours été attiré par l’étranger et/ à mon époque, l’eldorado, c’était les Etats-Unis. J’en avais eu un premier aperçu, à l’âge de 16 ans, lorsque j’étais parti un mois en Caroline du Nord/ chez les parents d’un stagiaire que mon oncle agriculteur avait accueilli sur son exploitation. Mais là/ dans cette université très cosmopolite, j’ai découvert le monde ! ». Après son service militaire à l’Ecole d’application de l’infanterie (EAI) à Montpellier, Thierry Granier rejoint son père, qui a une entreprise de fabrication de matériel agricole à Limayrac, et s’essaye au commerce international. « Le taux de change était favorable avec l’Angleterre. J’allais y acheter des machines que nous revendions. Puis, pour les accessoires, nous avons délocalisé une partie de la production en Pologne ». Bref, pendant six ou sept ans, Thierry Granier se fait la main, se forge une expérience. « Le monde agricole devenait compliqué alors j’ai pris mon envol. Direction l’Irlande qui offrait pas mal d’opportunités professionnelles et où j’ai travaillé chez Dell pendant un an. J’ai ensuite été embauché par Photo-Me (aujourd’hui ME Group International/ un groupe britannique spécialisé dans l’équipement photographique et dont la marque bien connue Photomaton est une filiale, NDLR). Jétais rattaché au bureau de Grenoble, mais je suis très vite parti à l’export/ au Moyen-Orient puis en Asie. J’avais en charge le secteur qui formait un triangle entre Delhi/ Tokyo et Auckland. J’ai travaillé pour eux pendant une douzaine d’années et depuis 2017/ je suis salarié d’Edma, une société qui conçoit et fabrique des outils destinés aux professionnels du second oeuvre du bâtiment. Elle est basée à Saint-Raphaël/ en région Paca, mais moi je suis toujours sur la zone Asie Pacifique ». De quoi voir du pays… et avoir un véritable coup de cœur pour cette région du monde. « Quand j’ai commencé à travailler, j’habitais encore en France et je faisais les allers-retours, mais j’étais sans arrêt dans l’avion. Alors, j’ai décidé de me baser en Thaïlande pendant cinq ou six ans. Au début des années 2000/ j’ai rencontré
Cynthia, ma future épouse, en Malaisie où elle travaillait pour un des distributeurs que je prospectais. Je me suis installé avec elle, dans son pays de naissance déclare le commercial qui avait un beau challenge à relever en s’implantant dans cet état d’Asie du sud-est qui compte plus de 35 millions d’habitants de diverses origines (60 à 65 % de Malais musulmans, 20 à 25 % de Chinois, 10 à 15 % d’Indiens). « C’est une zone dans laquelle nous n’avions aucun revendeur. Il a fallu que je fasse des recherches, que je créé du relationnel pour trouver des distributeurs qui ont des tentacules un peu partout dans le pays et qui acceptent de représenter la marque Edma. Mais c’est ce qui m’intéresse et m’enrichit : en Asie, les gens sont naturellement ouverts et curieux ».
« Les Chinois n’ont plus rien à apprendre de nous »
Et Thierry Granier de livrer son analyse sur les relations professionnelles et commerciales entre Europe et Asie : « Dans tous les pays d’Asie, il y a un mot bien précis pour désigner les blancs. A l’époque, c’était synonyme d’un certain pouvoir, d’une autorité/ d’une position, d’un statut. Aujourd’hui, si tu es blanc et que tu viens en Asie, c’est que chez toi/ tu n’arrives pas à travailler. I l y a eu une inversion des représentations et ils ont une petite revanche à prendre sur nous ».
L’Asie orientale est depuis deux décennies la région la plus dynamique du monde et Thierry Granier est témoin de croissance économique fulgurante.
